L’insomnie chez les aînés, la comprendre pour mieux la chasser

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L’insomnie est un phénomène qui touche un très grand nombre de citoyens à travers le Canada. Lorsque Statiques Canada a publié sa plus récente étude sur le sujet, près de 3,3 millions de Canadiens de plus de 15 ans affirmaient éprouver des troubles du sommeil.

 

Définie comme la difficulté à amorcer ou maintenir le sommeil, l’insomnie peut se présenter sous des formes très variées. Certains individus ont du mal à trouver le sommeil, d’autres se réveillent trop tôt le matin, alors que d’autres ont du mal à rester endormis durant la nuit. Dans tous les cas, nous parlons de troubles d’insomnie.

 

Même si l’insomnie peut toucher tout le monde, elle affecte plus couramment les aînés. En effet, l’horloge biologique étant affectée par le vieillissement, la qualité et la quantité du sommeil sont appelées à réduire naturellement avec l’âge. Mais au-delà du vieillissement, pourquoi les aînés souffrent-ils d’insomnie? Et surtout, quelles sont les solutions possibles pour la traiter? Nous avons fait quelques recherches sur le sujet pour vous, afin de mieux vous outiller face à ce trouble dérangeant. Il nous fait plaisir de vous les partager.

 

L’insomnie : un symptôme et non une maladie

Différents éléments perturbateurs internes ou externes peuvent influer sur l’environnement d’une personne et l’empêcher de dormir. Toutefois, il faut savoir que l’insomnie en elle-même n’est pas une maladie ou une fatalité, mais plutôt un symptôme, un signe que quelque chose ne va pas. Pour régler le problème, il est important de trouver la cause qui vous empêche de fermer l’œil.

 

Trouver la cause de votre insomnie

Ci-dessous, voici quelques causes courantes qui peuvent être à l’origine de bien des nuits blanches.
 
1.    Changement de style de vie
Le passage d’un individu au 3e âge est un tournant important dans une vie. Il y a de nombreux changements auxquels il faut s’adapter. Pour une personne nouvellement à la retraite, un changement de style de vie peut parfois poser des bouleversements importants. Ceux-ci peuvent devenir des éléments perturbateurs pour le sommeil.
 
2.    Problèmes de santé
Certains problèmes médicaux peuvent également affecter le sommeil. En voici quelques exemples :

  • Douleur (arthrite)
  • Diabète
  • Maladie de Parkinson
  • Problèmes respiratoires (toux, bronchite, asthme, etc.)
  • Problèmes cardiovasculaires
  • Troubles gastro-intestinaux
  • Syndrome des jambes sans repos (SJSR)
  • Apnée du sommeil
  • Narcolepsie

 
3.    Facteurs émotionnels et psychologiques
Les problèmes d’ordre émotionnel ou psychologique peuvent aussi être à l’origine de l’insomnie. Par exemple, certains souffrent de solitude, subissent le contrecoup du décès d’un proche, ou encore craignent de ne pouvoir conserver leur autonomie. Des inquiétudes reliées à leur santé et à leur sécurité financière auront tendance à s’ajouter à la liste. Ce ne sont que quelques-uns des facteurs émotionnels ou psychologiques courants pouvant perturber le cycle de sommeil des aînés.
 
4.    Prise de médicaments
La prise de certains médicaments peut autant être en cause. Des médicaments comme les décongestifs, les diurétiques ou les antidépresseurs, peuvent entraîner des effets secondaires qui affectent la qualité sommeil.
 
Par exemple, un diurétique, qui soulage les douleurs arthritiques, est une substance qui augmente la production d’urine. Il aura pour effet d’inciter les gens à se lever plus souvent durant la nuit pour aller à la salle de bain.
 
Il est donc important de surveiller les effets secondaires de votre médication et de discuter avec votre médecin si ceux-ci nuisent à votre sommeil.

 

Et le somnifère pour traiter l’insomnie ?

Selon un article publié par le psychologue Charles M. Morin en 2012, entre 20 % à 25 % des Québécois se font prescrire de la benzodiazépine, une classe de somnifère prescrit pour traiter l’anxiété et l’insomnie. À l’échelle du Canada, nous parlons de plus d’une personne sur cinq parmi les 65 à 69 ans qui prennent des somnifères. Ce sont des statistiques pour le moins révélatrices. Chez les 85 ans et plus, le pourcentage grimpe à 30%, selon le magazine Psychomédia.

 

Des médicaments comme l’Ativan, le Serax et l’Halcion sont donc couramment utilisés comme somnifères depuis les 50 dernières années. Bien qu’ils aident à dormir, ceux-ci entraînent souvent d’autres troubles. Voici quelques-uns des effets non-désirables des somnifères sur la santé :

  • Somnolence
  • Étourdissements
  • Pertes de mémoire
  • Diminution des capacités mentales
  • Détérioration de la coordination physique

Même si la prise de somnifères peut soulager ponctuellement lors d’un stress important (ex. : perte d’un proche, maladie), il est important de considérer les effets secondaires sur la santé. Plutôt que d’opter pour un traitement médicamenteux, il est préférable d’évaluer des solutions plus susceptibles de vous aider à long terme. Une approche thérapeutique, comme une psychothérapie, apportera des effets beaucoup plus bénéfiques et durables, non seulement pour l’hygiène du sommeil mais également sur la qualité de vie et la santé.

 

Conseils pour éviter l’insomnie

Une fois que vous avez identifié la cause de votre insomnie, il est plus facile d’apporter les changements nécessaires pour récupérer votre sommeil manquant et retrouver votre énergie. Dans certains cas, il ne s’agit que de changements mineurs qui peuvent faire une différence majeure sur votre qualité de vie.

 

Voyez ci-dessous quelques exemples de conseils à appliquer au quotidien.

  • Établir un horaire de sommeil : au lever comme au coucher, tentez de vous lever à des heures régulières.
  • Éviter les trop longues siestes : résistez à la tentation de faire de trop longues siestes en plein jour afin de ne pas dérégler votre cycle. Idéalement, les spécialistes s’entendent pour dire qu’une sieste devrait durer entre 20 et 60 minutes.
  • Faire de l’exercice : l’exercice est toujours un excellent moyen de lutter contre l’insomnie. Assurez-vous de bouger au minimum 3 périodes de 20 minutes par semaine. Veillez à garder quelques heures entre l’activité physique et le coucher afin de ne pas stimuler votre organisme avant de dormir.
  • Aménager sa chambre à coucher : faites en sorte que la lumière, le bruit ou la température ne perturbent pas votre sommeil.
  • Boire de la tisane ou du lait chaud : troquez le café, le thé ou l’alcool pour une boisson chaude avant d’aller dormir.
  • Modérer son appétit en soirée : si vous êtes un bon mangeur, tentez de manger plus légèrement en soirée. Digestion et sommeil ne font pas bon ménage. Optez plutôt pour une légère collation.
  • Développer d’autres centres d’intérêts : qu’il s’agisse de sports, d’activités sociales ou culturelles, il est recommandé de varier vos occupations une fois à la retraite. C’est un excellent moyen d’apprivoiser votre nouveau rythme de vie.

 

Chasser l’insomnie grâce à une bonne hygiène de vie

Même si l’insomnie n’est pas une maladie, rappelez-vous qu’elle est symptomatique d’une situation qu’il faut chercher à résoudre. Souvent, il ne s’agit que de réajuster le tir afin de rétablir la situation. Il peut s’agir d’une difficulté à s’adapter à un nouveau style de vie, de stress ou de solitude. Cela peut également être un ennui de santé ou un souci de médication qu’il faut voir avec votre médecin. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas hésiter à agir et en parler!
 
 
 
Sources :
Statiques Canada. Insomnie. 2002. http://www.statcan.gc.ca/pub/82-003-x/2005001/article/8707-fra.pdf

 

Charles M. Morin. Les troubles du sommeil chez les aînés. http://fondationsommeil.com/personnes-concernees/les-troubles-du-sommeil-aines/

 

Psychomédia. 2014. Insomnie chez les aînés : la thérapie cognitivo-comportementale plutôt que les somnifères dangereux. http://www.psychomedia.qc.ca/sommeil/2014-03-03/insomnie-somniferes-psychotherapie

 

Pauline Gravel. Le Devoir. 2013. La mélatonine, nouvelle piste contre l’insomnie.

http://www.ledevoir.com/societe/science-et-technologie/377730/la-melatonine-nouvelle-piste-contre-l-insomnie

 

Le Pharmachien. 2013. Caféine : toxique et délicieuse. http://lepharmachien.com/cafeine/

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